La phytothérapie dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

Les troubles obsessionnels-compulsifs, abrégés sous l’acronyme TOC, sont bien plus que de simples manies excentriques. Ils représentent une maladie mentale complexe et souvent méconnue, caractérisée par des comportements répétitifs, connus sous le nom de compulsions, et des pensées obsédantes. Ces pensées, bien qu’absurdes pour la personne qui les endure, deviennent des prisons mentales difficiles à briser.

Les TOC ne se contentent pas de perturber la vie quotidienne ; ils peuvent gravement menacer les aspects professionnels, familiaux et sociaux de l’individu qui en souffre. Cependant, en dépit de leur impact profond, ces troubles restent largement sous-diagnostiqués, principalement en raison de la stigmatisation qui les entoure.

Dans cet article, nous plongerons dans l’univers complexe des TOC. Nous explorerons en détail leurs symptômes, leurs causes et leurs impacts sur la vie quotidienne. De plus, nous vous fournirons des informations essentielles sur les dernières découvertes en neurobiologie, ainsi que des conseils pratiques pour la gestion quotidienne de cette condition. Il est important de noter que les TOC ne sont pas aussi rares qu’on pourrait le penser, avec une prévalence estimée entre 2 et 3 % de la population.

En comprenant mieux les TOC, nous espérons contribuer à briser les barrières de la stigmatisation et à ouvrir la voie à une meilleure compréhension et prise en charge de cette maladie souvent silencieuse.

[ Avertissement Important : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne doit pas être interprété comme une prescription médicale ou un avis professionnel de santé. Les informations et les études mentionnées, y compris celles relatives au chardon-Marie, au millepertuis, à l’ashwagandha, à la valériane et au Fluoxetine, sont présentées dans le but d’informer les lecteurs sur les recherches actuelles dans le domaine de la phytothérapie pour le traitement des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Il est crucial de comprendre que la gestion des TOC nécessite une approche médicale complète, souvent impliquant des médicaments prescrits par des professionnels de santé qualifiés et des thérapies cognitivo-comportementales. Les traitements naturels et les plantes médicinales peuvent offrir des bénéfices, mais ils ne doivent pas remplacer les traitements conventionnels prescrits par un professionnel de santé.

Avant d’envisager toute forme de traitement, y compris la phytothérapie, il est impératif de consulter un médecin ou un spécialiste de la santé. Chaque individu est unique, et ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas être approprié ou efficace pour une autre.

Ce contenu est destiné à sensibiliser et à éduquer, et nous encourageons vivement les lecteurs à discuter de toutes les options de traitement avec un professionnel de santé pour prendre une décision éclairée adaptée à leurs besoins spécifiques. ]

Quels sont les différents types d’obsessions dans les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ?

Les TOC se manifestent par une variété d’obsessions et de compulsions, affectant différemment chaque individu. Voici quelques-uns des types d’obsessions et de compulsions les plus fréquemment observés (1) :

Obsessions courantes :

  • Inquiétudes de Contamination : Crainte de contracter des maladies à partir d’objets communs comme les poignées de porte​​.
  • Doutes Persistants : Soucis constants sur des aspects de la vie quotidienne, comme la sécurité des portes verrouillées​​.
  • Besoin de Symétrie : Préoccupation pour que les choses soient parfaitement alignées ou organisées​​.

Compulsions fréquentes :

  • Rituels de Lavage et de Nettoyage : Actions excessives pour éliminer les contaminations, telles que le lavage répétitif des mains​​.
  • Rituels de Vérification : Besoin de vérifier à plusieurs reprises des aspects de la sécurité personnelle ou de l’environnement​​​​.
  • Compter et Organiser : Répéter des actions un certain nombre de fois ou organiser les objets suivant une logique particulière​​.

Autres types d’obsessions et compulsions :

  • Pensées Interdites et Besoin de Perfection : Préoccupations liées à l’identité sexuelle ou un besoin impérieux de perfection dans les tâches quotidiennes, spécialement chez les enfants et les adolescents​​.
  • Compulsions de Comptage, Taper, Toucher ou Frotter : Ces comportements peuvent inclure des rituels spécifiques liés au comptage, au toucher, ou à des actions similaires​​. (2)

Il est important de noter que les TOC sont une condition complexe avec une grande variété de manifestations. Chaque cas est unique et requiert une évaluation personnalisée par un professionnel de santé pour un diagnostic précis et un traitement adapté. La prise en charge des TOC peut inclure des thérapies cognitivo-comportementales et des médicaments, avec l’objectif de réduire les symptômes et d’améliorer la qualité de vie des patients​​​​.

Impacts psychologiques et sociaux des TOC :

  • Stress et Anxiété : Les TOC engendrent un niveau élevé d’anxiété, les obsessions entraînant des inquiétudes constantes et les compulsions occupant une grande partie du temps et de l’énergie mentale. Cette tension permanente peut se manifester par de l’irritabilité, de la fatigue et une difficulté à se concentrer.
  • Impact sur les Relations : Les symptômes des TOC peuvent perturber les interactions sociales et professionnelles. Les rituels compulsifs, souvent chronophages et difficiles à comprendre pour l’entourage, peuvent créer des tensions et des malentendus, affectant la qualité des relations.
  • Isolement Social : La peur d’être jugé ou mal compris à cause de leurs symptômes amène souvent les individus souffrant de TOC à s’isoler. Cet isolement peut aggraver les symptômes des TOC et contribuer à une détérioration de la santé mentale globale.

‘L’incertitude’ dans les TOC : Dernières avancées en neurobiologie

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est un trouble neurologique caractérisé par des comportements répétés tels que le nettoyage et la vérification, malgré des preuves objectives claires de propreté, d’ordre et de justesse. Bien que la maladie soit souvent mal comprise comme un trouble de « maniaquerie, » elle découle en réalité de difficultés à tolérer l’incertitude. Cependant, les bases neurologiques de ce traitement anormal demeurent inconnues.

Une nouvelle étude, publiée dans Biological Psychiatry: Cognitive Neuroscience and Neuroimaging, utilise l’imagerie cérébrale pour examiner de plus près les mécanismes du traitement de l’incertitude dans les TOC. (8)

Les auteurs, dirigés par Valerie Voon, PhD, de l’Université de Cambridge, ont étudié un groupe de patients atteints de TOC, un autre groupe de patients atteints de TOC sévère ayant subi une procédure chirurgicale thérapeutique appelée capsulotomie, censée réduire l’activité cérébrale liée aux TOC, ainsi que des témoins en bonne santé. En plus d’étudier le traitement cérébral dans les TOC, les chercheurs ont également examiné les effets de la capsulotomie sur le traitement.

Le Dr. Voon a expliqué, « Nous avons utilisé une tâche de jeu de cartes simple. Les participants devaient parier s’ils pensaient que la carte suivante serait plus forte ou plus faible que la carte ouverte. Aux extrêmes, avec des cartes ouvertes très hautes ou très basses, la certitude est élevée, mais l’incertitude était beaucoup plus grande avec les cartes situées au milieu du paquet.« 

Pour les expériences d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les chercheurs se sont concentrés sur les régions cérébrales impliquées dans la prise de décision, notamment le cortex cingulaire antérieur dorsal (dACC) et l’insula antérieure (AI). Les participants atteints de TOC ont montré une activité anormale dans ce circuit par rapport aux témoins en bonne santé lorsqu’il s’agissait de déterminer la certitude.

Le Dr. Voon a déclaré, « En fait, de manière critique, les patients atteints de TOC ont montré une prise de décision plus lente, mais seulement lorsque les résultats étaient plus certains. Étant donné que ces altérations étaient présentes à la fois chez les patients atteints de TOC et chez ceux qui avaient montré une amélioration après la chirurgie de la capsulotomie, cela suggère que ce mécanisme cognitif pourrait être une caractéristique centrale expliquant le développement des TOC, quel que soit le degré de sévérité des symptômes.« 

Ces découvertes mettent en évidence que le TOC n’est pas un trouble de la propreté excessive, mais un trouble du traitement cérébral désordonné de la certitude.

Cameron Carter, MD, rédacteur en chef de Biological Psychiatry: Cognitive Neuroscience and Neuroimaging, a déclaré à propos de cette étude, « Cette étude très intéressante offre une nouvelle perspective importante sur le mécanisme sous-jacent des symptômes handicapants du TOC et suggère que le développement de nouvelles thérapies ciblant le traitement de l’incertitude dans le trouble, ainsi que les systèmes neuronaux sous-jacents à ces processus, tels que le dACC (à savoir le cortex cingulaire antérieur dorsal) et l’AI (l’insula antérieure), pourrait offrir un nouvel espoir à ceux qui souffrent de ce trouble difficile à traiter et handicapant. »

Les TOC chez l’enfant

Un à 3 % des enfants et adolescents souffriraient d’un TOC et un tiers des adultes ayant des TOC ont débuté leurs troubles durant l’enfance.

Si la sémiologie du TOC de l’enfant ressemble à celle du TOC de l’adulte, certains traits sont plus spécifiques à l’enfant :

  • Il ignore le plus souvent qu’il est malade et n’en parle pas à son entourage.
  • Ses obsessions et compulsions sont multiples et très fluctuantes.
  • Son entourage familial est souvent impliqué dans ses rituels.
  • Il présente des crises de colère et d’agressivité lorsque ses rituels sont contrariés.

Conseils pratiques pour la gestion des symptômes des TOC

La gestion quotidienne des symptômes du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) peut être un défi, mais il existe des stratégies pratiques pour vous aider à faire face à cette condition. Voici quelques conseils utiles :

  1. Comprendre vos TOC : Éduquez-vous sur les TOC, leurs symptômes et leurs mécanismes. Plus vous en saurez sur votre condition, mieux vous pourrez la gérer.
  2. Consultez un Professionnel : Il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale spécialisé dans les TOC. Ils peuvent vous aider à établir un diagnostic précis et à élaborer un plan de traitement adapté.
  3. Thérapie Cognitive-Comportementale (TCC) : La TCC est souvent recommandée pour la gestion des TOC. Elle vous apprendra à reconnaître et à modifier vos pensées obsessionnelles, ainsi qu’à gérer vos compulsions.
  4. Médicaments : Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour réduire les symptômes. Suivez toujours les conseils de votre médecin en matière de médicaments.
  5. Évitez les Comportements de Sécurité : Essayez de résister à la tentation de céder à vos compulsions. Plus vous les éviterez, plus vous renforcerez votre capacité à gérer l’incertitude.
  6. Gestion du Stress : Étant donné que le stress peut aggraver les symptômes du TOC. Il est donc important de pratiquer des techniques de gestion du stress telles que la méditation, la respiration profonde et l’exercice régulier.
  7. Établissez des Objectifs Réalistes : Fixez-vous des objectifs réalisables pour votre traitement. Progresser étape par étape peut vous aider à maintenir votre motivation.
  8. Soutien Social : Parlez de vos TOC à vos proches et cherchez leur soutien. Effectivement, leur compréhension peut faire toute la différence.
  9. Gardez un Journal : Tenez un journal pour noter vos obsessions, compulsions et émotions. Cela peut vous aider à repérer des schémas et à mieux comprendre vos déclencheurs.
  10. Soyez Bienveillant envers Vous-Même : N’oubliez pas que la gestion des TOC peut être difficile, et il est normal de faire des rechutes. Soyez patient et bienveillant envers vous-même tout au long de votre parcours de guérison.

En mettant en pratique ces conseils pratiques, vous pouvez améliorer votre qualité de vie et mieux gérer les symptômes des TOC au quotidien. N’oubliez pas que le soutien professionnel est essentiel, alors n’hésitez pas à rechercher de l’aide lorsque vous en avez besoin.

Traitement des troubles obsessionnels compulsifs par la phytothérapie

Le trouble obsessionnel compulsif est classiquement considéré comme une maladie neuropsychiatrique. À ce jour, ce sont les thérapies cognitives et comportementales (TCC) qui ont montré l’effet thérapeutique le plus important et qui sont donc recommandées par les autorités de santé. Pour les cas les plus sévères et résistants, des protocoles de recherche utilisant la stimulation cérébrale profonde peuvent être proposés. Cette technique consiste à stimuler des zones cérébrales impliquées dans la neurophysiologie du TOC à l’aide d’électrodes. Bien que ces traitements soient efficaces, un pourcentage non négligeable de personnes demeure résistantes et subissent un retentissement qui a des conséquences fonctionnelles majeures. Il est donc nécessaire de développer des approches complémentaires et des thérapeutiques nouvelles.

Les psychoanaleptiques inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine possèdent des effets atropiniques et antidépresseurs dont l’efficacité a été scientifiquement prouvé à de nombreuses reprises dans les troubles obsessionnels compulsifs :

Plante Nom Scientifique Mécanisme d’Action
Safran Crocus sativus La crocine inhibe la recapture de la dopamine et de la noradrénaline. Le safranal inhibe celle de la sérotonine.
Rhodiole Rhodiola rosea Activité antidépressive par inhibition de la monoamine oxydase A (effet IMAO A), agissant sur divers récepteurs et neurotransmetteurs.
Millepertuis Hypericum perforatum Antidépresseur par inhibition de la recapture de la sérotonine, avec une action originale sur certains canaux ioniques.
Gentiane Gentiana lutea La gramine, un alcaloïde indolique, est proche de la sérotonine et moins de la dopamine. La gentisine et autres xanthones sont des inhibiteurs de la MAO.
Griffonia Griffonia simplicifolia Contient du 5-HTP (5-hydroxy-tryptophane), précurseur immédiat de la sérotonine, augmentant le stock disponible de sérotonine dans le cerveau.
Mélisse Melissa officinalis Antidépressive, améliore l’humeur et les performances cognitives par modulation des récepteurs muscariniques et nicotiniques.

Nouvelles perspectives sur la phytothérapie pour les TOC : Études cliniques

La phytothérapie, une branche de la médecine alternative, a effectivement gagné en popularité ces dernières années pour son approche naturelle dans le traitement de diverses conditions de santé, y compris les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). De fait, plusieurs études récentes ont exploré l’efficacité de différentes plantes médicinales dans la gestion des symptômes des TOC. Offrant ainsi des alternatives ou des compléments aux traitements conventionnels. Voici un résumé des recherches clés dans ce domaine :

Comparaison entre le Chardon-Marie et le Fluoxetine

  • Contexte de l’Étude : Une recherche iranienne de 2010 a évalué l’efficacité du chardon-marie comparativement au fluoxetine, médicament fréquemment utilisé dans le traitement des TOC. (3)
  • Résultats Clés : Les résultats ont révélé que le chardon-marie présente une efficacité comparable au fluoxetine pour atténuer les symptômes des TOC, avec des profils d’effets secondaires similaires.

Potentiel thérapeutique du Millepertuis

  • Aperçu de l’Étude : Une étude américaine a exploré les bénéfices du millepertuis en tant qu’alternative thérapeutique pour les TOC.
  • Conclusions Importantes : Il ressort que le millepertuis pourrait représenter une option thérapeutique viable pour les patients atteints de TOC. (4)

Rôle de l’Ashwagandha et de la Valériane

  • Objectif des Études : Ces études se sont concentrées sur les effets de l’ashwagandha en combinaison avec des ISRS et de la valériane officinale sur les symptômes des TOC.
  • Observations Significatives : Les résultats indiquent que ces plantes pourraient contribuer positivement à la gestion des symptômes obsessionnels et compulsifs. (5) (6)

Implications des carences en Vitamines D et B12 chez les enfants et adolescents atteints de TOC

  • Résumé de l’Étude Turque : Cette recherche a mis en lumière une carence fréquente en vitamines D et B12 chez les jeunes patients souffrant de TOC, ouvrant des perspectives pour des traitements plus naturels.
  • Conséquences et Pistes Thérapeutiques : Ces découvertes pourraient mener à de nouvelles approches dans le traitement des TOC. (7)

Ces études mettent en avant le potentiel de certaines plantes et compléments comme approches complémentaires dans le traitement des TOC. Elles offrent des alternatives intéressantes, particulièrement pour ceux en quête de solutions moins invasives et avec moins d’effets secondaires.

Sources :

  1. https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-mentaux/troubles-obsessionnels-compulsifs
  2. https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/
  3. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20035818/
  4. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10982200/
  5. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27515872/
  6. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22718671/
  7. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28477545/
  8. https://www.sciencedaily.com/releases/2023/09/230912165659.htm

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